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Mesdames, messieurs, bienvenue à cette soirée consacrée à la symphonie endocrine ! La vedette du spectacle de ce soir n’est autre que le chef d’orchestre, reconnu de tous comme la glande maîtresse de ...
En savoir plusMesdames, messieurs, bienvenue à cette soirée consacrée à la symphonie endocrine ! La vedette du spectacle de ce soir n’est autre que le chef d’orchestre, reconnu de tous comme la glande maîtresse de l’orchestre endocrine : l’hypophyse. Préparez-vous à une performance spectaculaire, où l’hypophyse dirigera d’une main de maître l’hormonieuse symphonie qui gouverne le rythme de nos fonctions corporelles.
Bien ! Découvrons-en davantage sur la façon dont l'hypophyse réalise cette « symphonie d'hormones » en dévoilant tous ses secrets.
L’hypophyse, ou glande pituitaire, est une petite glande ovoïde située sur la face inférieure du cerveau, légèrement plus grande qu’un petit pois. Le terme hypophyse vient du grec « Hypophysis » qui signifie littéralement « excroissance située en dessous », une référence directe à sa position suspendue sous le cerveau. La glande est reliée à l’hypothalamus par une fine tige appelée infundibulum, aussi connue sous le nom de tige hypophysaire ou tige pituitaire, qui permet le passage des signaux nerveux et hormonaux régulant son activité.
L'hypophyse est logée dans une dépression osseuse appelée fosse hypophysaire, elle-même entourée d'une structure appelée selle turcique, une éminence osseuse située sur le corps de l'os sphénoïde. Le nom « selle turcique » signifie littéralement « selle turque », ce qui décrit bien sa forme.
De par sa fonction, l'hypophyse est souvent considérée comme la glande maîtresse du système endocrinien, car elle constitue l'interface endocrinienne principale entre le système nerveux central et le reste de l'organisme. Elle contrôle ainsi de nombreuses fonctions vitales de l'organisme liées au métabolisme, à la croissance, à la maturation sexuelle, à la reproduction, à la pression artérielle et à bien d'autres fonctions et processus physiques.
L'hypophyse est composée de deux lobes fonctionnels : le lobe antérieur, également appelé adénohypophyse, et le lobe postérieur, également appelé neurohypophyse. Bien que ces deux lobes soient indissociables, leurs origines embryologiques diffèrent, ce qui leur confère des fonctions distinctes. Examinons ces lobes plus en détail, en commençant par le lobe antérieur, l’adénohypophyse.
L'origine embryologique de l’adénohypophyse provient d'une protubérance du toit de la cavité buccale, appelée poche adénohypophysaire, ou poche de Rathke. Elle dérive de l'ectoderme buccal, ce qui signifie qu'elle a une origine différente de la plupart des autres parties du système nerveux.
L'adénohypophyse comprend trois parties. La partie distale, également appelée partie antérieure ou glandulaire, est la plus grande et est majoritairement responsable de l'activité sécrétoire de l'adénohypophyse. La partie tubérale, ou partie infundibulaire, est une extension postérieure du lobe antérieur qui se prolonge dans la tige hypohysaire que nous avons vue précédemment. Enfin, nous trouvons la partie intermédiaire, une fine couche épithéliale et avasculaire bordant le lobe postérieur.
L’adénohypophyse produit et sécrète plusieurs hormones endocrines qu’elle libère dans la circulation sanguine pour agir sur des cellules cibles et réguler diverses fonctions dans le corps.
Le nom adénohypophyse vient du grec « adén », qui signifie « glande ». Il désigne donc littéralement la « partie glandulaire de l’hypophyse ».
Si l'on examine les hormones de l'adénohypophyse, on trouve tout d'abord l'hormone de croissance, ou somatotropine, qui cible les tissus comme le foie, les os et les muscles, qui sont alors incités à libérer des facteurs de croissance qui, comme leur nom l'indique, stimulent la croissance et augmentent le métabolisme. On trouve ensuite la prolactine, qui cible les glandes mammaires et favorise la production de lait maternel.
L'hypophyse libère également des hormones ciblant le système reproducteur. L'hormone folliculo-stimulante, communément appelée FSH, cible les gonades et régule la production de spermatozoïdes chez l'homme et la maturation des follicules ovariens chez la femme. De même, l'hormone lutéinisante entraîne la libération d'hormones sexuelles comme l'œstrogène et la testostérone par les gonades et déclenche la libération d'un ovule par l'ovaire. La thyréostimuline, ou TSH, cible la glande thyroïde et entraîne la libération d'hormones thyroïdiennes.
L'hormone adrénocorticotrope, également connue sous le nom de corticotropine, cible les glandes surrénales et conduit à la production de glucocorticoïdes qui régulent divers processus métaboliques, immunologiques et homéostatiques.
Comme nous avons pu le voir, l'hypophyse dirige parfaitement une multitude de fonctions au sein de l'organisme. Et pourtant, on peut se demander comment cette petite glande, pas plus grosse que deux petits pois dans une cosse, parvient à de tels pouvoirs ? Comment sait-elle quand libérer chaque hormone ou quand s'arrêter ? Sans vouloir rabaisser l'hypophyse, il s'avère qu'elle est sous l'autorité d'une entité supérieure : l'hypothalamus.
L'hypothalamus est le principal régulateur de l'activité de l'adénohypophyse. Il surveille et réagit aux variations de paramètres tels que la température corporelle, les besoins énergétiques ou l'équilibre électrolytique. Cette surveillance et ce contrôle s'effectuent par deux voies principales entre l'hypothalamus et l'hypophyse : une voie vasculaire et une voie nerveuse. Examinons de plus près la connexion entre l'hypothalamus et l'hypophyse.
L'hypothalamus contient des neurones neurosécréteurs qui produisent des neurohormones dans leurs corps cellulaires. Ces corps cellulaires sont regroupés en amas appelés noyaux. Deux noyaux principaux sont liés à l'adénohypophyse : le noyau paraventriculaire et le noyau arqué.
Ces noyaux sont impliqués dans la production de plusieurs neurohormones : la libérine de l'hormone thyréotrope ou thyréolibérine ; la libérine de l'hormone corticotrope ou corticolibérine ; la libérine des hormones gonadotropes ou gonadolibérine ; la libérine de l'hormone somatotrope, également connue sous le nom de somatocrinine ; l’inhibine de l'hormone somatotrope ou somatostatine ; et enfin, la dopamine qui, dans ce contexte, est parfois appelée Inhibine de la prolactine ou prolactostatine.
Une fois libérées du corps cellulaire, les hormones descendent le long des axones de ces neurones jusqu'à l'éminence médiane, située à la base de l'hypothalamus. C'est là que les libérines hypothalamiques sont envoyées dans le plexus capillaire primaire du système porte hypophysaire.
Ce réseau capillaire est formé de branches de l'artère hypophysaire supérieure, issue de l'artère carotide interne. Il est composé de nombreux petits capillaires fenestrés qui fusionnent pour former des vaisseaux sanguins plus gros, appelés veines portes hypophysaires longue et courte. Ces dernières cheminent ensuite à travers l’infundibulum jusqu'au plexus capillaire secondaire du système porte hypophysaire dans l'hypophyse antérieure.
Lorsqu'un système veineux draine le sang d'un lit capillaire vers un autre, on parle de système porte veineux. Cette voie entre l'hypothalamus et l'hypophyse antérieure est appelée voie vasculaire hypothalamo-hypophysaire, ou système porte hypophysaire. Cette voie vasculaire revêt une importance capitale, car elle assure le lien direct entre le site de libération des hormones hypothalamiques, plus précisément l'éminence médiane, et les cellules glandulaires de l'adénohypophyse.
Lorsque les hormones hypothalamiques sont libérées par le plexus capillaire secondaire, elles agissent sur les cellules glandulaires de l'adénohypophyse pour stimuler ou inhiber leur libération. Celles-ci sont ensuite transportées par les veines hypophysaires jusqu'au sinus caverneux, puis par la circulation systémique.
Examinons maintenant l’autre petit pois dans la cosse : le lobe postérieur de l’hypophyse, ou neurohypophyse.
L'origine embryologique de la neurohypophyse, ou lobe postérieur, est l'ectoderme neural, qui donne également naissance au reste du système nerveux central. La neurohypophyse est une structure diencéphalique — c’est en somme une extension du tissu neural de l'hypothalamus, d'où son nom de neurohypophyse.
Elle se divise en deux parties principales : la partie supérieure, également appelée infundibulum ou tige hypophysaire, et la partie inférieure, appelée pars nervosa ou partie nerveuse. Tout comme l'adénohypophyse, la neurohypophyse est reliée à l'hypothalamus.
L’infundibulum est en continuité avec l'éminence médiane de l'hypothalamus. Elle est composée de milliers d'axones amyélinisés de neurones dont les corps cellulaires sont situés principalement dans les noyaux supraoptique et paraventriculaire de l'hypothalamus. Ces axones forment collectivement le tractus hypothalamo-hypophysaire, qui relie l'hypothalamus à l'hypophyse, cette fois par une voie neuronale. Des vésicules contenant des neurohormones sont transportées directement de l'hypothalamus à la neurohypophyse.
La pars nervosa, ou lobe nerveux, est la plus grande partie de la neurohypophyse. Elle est principalement constituée des terminaisons des neurones hypothalamo-hypophysaires qui partent de l'hypothalamus via la tige hypophysaire. Contrairement au lobe antérieur, la neurohypophyse ne contient pas de tissu glandulaire. Cela signifie qu'elle ne produit pas activement d'hormones. Sa fonction principale est de stocker et de libérer deux hormones : l'hormone antidiurétique, également appelée vasopressine, et l'ocytocine, toutes deux produites dans les corps cellulaires neuronaux de l'hypothalamus.
Ces hormones migrent vers la neurohypophyse dans des vésicules via les axones de ces neurones. Elles sont ensuite stockées dans les terminaisons des neurones et libérées dans la circulation sanguine sous l'effet de potentiels d'action circulant le long des axones. Le lit capillaire qui reçoit ces hormones est formé par les branches de l'artère hypophysaire inférieure, drainées par les veines hypophysaires jusqu'au sinus caverneux, puis par la circulation systémique.
L'hormone antidiurétique est libérée au niveau des reins et contribue à réguler l'équilibre hydrique de l'organisme en augmentant la réabsorption d'eau et en réduisant ainsi le débit urinaire. Elle contribue également à maintenir une pression artérielle adéquate grâce à la vasoconstriction.
L'ocytocine agit sur les comportements sociaux et reproductifs et est surtout connue pour son rôle dans les contractions rythmiques de l'utérus lors de l'accouchement, ainsi que dans le réflexe d'éjection du lait lors de l'allaitement. On l'appelle aussi souvent l'hormone de l'amour en raison de son rôle dans la promotion des émotions liées au lien affectif et à l'attachement, ainsi que d'autres comportements liés à l'attention et aux soins.
C'est la fin de cette vidéo, mais avant de filer, pensez à ceci : à l'instar d'un spectacle captivant, notre exploration du royaume de l'hypophyse n'en est qu'une ouverture. Pour approfondir la symphonie hormonale orchestrée par cette glande magistrale, consultez nos modules d'étude et nos articles. Enfin, pour le grand final, testez vos connaissances avec nos quiz dédiés !
À bientôt, et bonnes révisions !